Pour son anniversaire, Adèle a reçu une famille de chevaux réalistes comme celui-ci (je ne me rappelle plus le nom de ces jouets).
Je n'ai jamais envie de commencer un dessin, et j'ai toujours une bonne raison de ne pas dessiner : j'ai pas le temps, je le sens pas, à quoi bon (la plus terrible), etc.
Mais ce matin pour une fois, j'avais UNE bonne raison de dessiner : je n'avais pas d'autre idée de cancoyottage !
J'aime rarement mes dessins, et celui-ci ne fait pas exception à la règle. Quand j'avais 20 ans, seul le résultat comptait ; du coup je ne faisais presque rien, bloquée par cette idée. Aujourd'hui, j'accorde davantage d'importance à l'intention, à l'action, au "l'important c'est de participer" (je ne sais pas si mon moi de 20 ans mépriserait la médiocrité du résultat ou admirerait que je procrastine moins).
Je ne suis pas encore satisfaite de cette évolution parce que du coup, je fais parfois les choses sans m'appliquer (comme là) en songeant que c'est toujours ça, alors que je crois qu'il faudrait toujours faire de son mieux (mais il semblerait que je ne sois pas encore pleinement convaincue pour m'auto-obéir, peut-être par trouille de me bloquer de nouveau). Pour mes 40 ans peut-être ?
M.
Radis tricoté que ma mère a acheté au marché pour Joachim.
C'est drôle ce que tu dis parce que ça ne se sent pas du tout : tu dessines bien.
Par contre, je comprends complètement parce que j'ai bien du mal aussi... Je dessinais énormément petite (voire je pouvais ne faire que ça pendant de longues heures), j'ai continué à l'adolescence. Au lycée, j'ai suivi des cours d'expression artistique chez un artiste caennais, je dessinais deux heures dans son atelier tous les mercredis soirs et j'adorais ça au point de continuer chez moi ce que j'avais commencé chez lui... Je n'avais pas peur du tout et prenais énormément de plaisir.
Et puis j'ai fait des études d'art. On m'a dit que je dessinais mal, que je ne savais pas faire, que je n'étais pas douée (à la fac). Ca m'a coupée, j'ai un peu continué quand même, mais peu. Aux beaux-arts, j'étais dans le même atelier qu'une illustratrice talentueuse et c'était si sensuel de la regarder faire, que j'ai un tout petit peu repris la pratique mais tellement convaincue que ce que je faisais c'était du pipi de chat... Jérome m'encourageait mais ça me faisait faire des crises de nerfs de m'y mettre, tellement je me sentais nulle (surtout à côté d'autres élèves qui étaient hyper doués !).
Et puis l'école de Bruxelles. A ce moment-là je ne dessine plus du tout. Je m'inscris dans une option qui s'appelle 'art dans l'espace public', très vite je comprends que ça ne va pas du tout me convenir, sauf que j'ai déménagé, changé de pays, payé des frais d'inscription, donc il faut trouver une solution. Je croise deux étudiants pendant l'option "photo", ils m'expliquent qu'ils sont en illu et que c'est génial, ils inventent et illustrent des histoires pour les enfants.
Paf, la révélation : je vais faire ça. Je suis fana de longue date de littérature jeunesse, j'ai toujours fréquenté librairies et bibliothèques du genre... Je décide de me lancer. je me remets au dessin. Je dessine mal parce que j'ai les doigts rouillés, mais je m'en fous parce que la prof nous dit que ce qui compte n'est pas que ce soit beau mais que ça raconte quelque chose. Du coup je n'ai pas peur de mal faire.
Sauf qu'à force de cotoyer cette prof, ça devient de plus en plus dur de dessiner parce qu'elle n'arrête pas de me dire que je dessine mal, que "c'est fou d'être aussi peu complexée en dessinant aussi mal". Et ça commence à me toucher...
Et encore aujourd'hui je suis finalement complètement complexée et bloquée !
Mais je retiens ton idée que l'important c'est de participer, c'est pas bête du tout !
Et merci de me forcer à dessiner à travers Cancoyotte !
C'est drôle ce que tu dis parce que ça ne se sent pas du tout : tu dessines bien.
Par contre, je comprends complètement parce que j'ai bien du mal aussi... Je dessinais énormément petite (voire je pouvais ne faire que ça pendant de longues heures), j'ai continué à l'adolescence. Au lycée, j'ai suivi des cours d'expression artistique chez un artiste caennais, je dessinais deux heures dans son atelier tous les mercredis soirs et j'adorais ça au point de continuer chez moi ce que j'avais commencé chez lui... Je n'avais pas peur du tout et prenais énormément de plaisir.
Et puis j'ai fait des études d'art. On m'a dit que je dessinais mal, que je ne savais pas faire, que je n'étais pas douée (à la fac). Ca m'a coupée, j'ai un peu continué quand même, mais peu. Aux beaux-arts, j'étais dans le même atelier qu'une illustratrice talentueuse et c'était si sensuel de la regarder faire, que j'ai un tout petit peu repris la pratique mais tellement convaincue que ce que je faisais c'était du pipi de chat... Jérome m'encourageait mais ça me faisait faire des crises de nerfs de m'y mettre, tellement je me sentais nulle (surtout à côté d'autres élèves qui étaient hyper doués !).
Et puis l'école de Bruxelles. A ce moment-là je ne dessine plus du tout. Je m'inscris dans une option qui s'appelle 'art dans l'espace public', très vite je comprends que ça ne va pas du tout me convenir, sauf que j'ai déménagé, changé de pays, payé des frais d'inscription, donc il faut trouver une solution. Je croise deux étudiants pendant l'option "photo", ils m'expliquent qu'ils sont en illu et que c'est génial, ils inventent et illustrent des histoires pour les enfants.
Paf, la révélation : je vais faire ça. Je suis fana de longue date de littérature jeunesse, j'ai toujours fréquenté librairies et bibliothèques du genre... Je décide de me lancer. je me remets au dessin. Je dessine mal parce que j'ai les doigts rouillés, mais je m'en fous parce que la prof nous dit que ce qui compte n'est pas que ce soit beau mais que ça raconte quelque chose. Du coup je n'ai pas peur de mal faire.
Sauf qu'à force de cotoyer cette prof, ça devient de plus en plus dur de dessiner parce qu'elle n'arrête pas de me dire que je dessine mal, que "c'est fou d'être aussi peu complexée en dessinant aussi mal". Et ça commence à me toucher...
Et encore aujourd'hui je suis finalement complètement complexée et bloquée !
Mais je retiens ton idée que l'important c'est de participer, c'est pas bête du tout !
Et merci de me forcer à dessiner à travers Cancoyotte !
C.

Putain, ce qui est fou c'est d'être aussi malveillant en étant PROF ! Je ne crois pas du tout à l'apprentissage à la dure où on rabaisse tout le temps l'élève pour le pousser à se dépasser ; à la limite, pour quelques personnes, ça marchera parce qu'elles auront la rage et de l'esprit de contradiction à revendre, mais même sans parler des autres que ça recroquevillera complètement, ça ne rendra PERSONNE heureux ! Et je crois fermement qu'il vaut mieux être un artiste médiocre et bien dans ses baskets (tant pis pour l'Art) plutôt qu'un génie sombre et tourmenté (d'autant que ça n'a rien d'incompatible, médiocre tourmenté et génie lumineux ça existe aussi !).
RépondreSupprimerJe suis désolée en tous cas que tu aies eu des enseignants aussi toxiques. J'espère que tu te seras totalement débarrassée de ce poison un jour.
J'ai eu beaucoup de complexes aussi à côté de certaines personnalités hyper-douées et créatives de mon entourage, au point d'être complètement obsédées par elles et par le contraste avec ma nullité. Je ne sais pas ce qui fait que le talent de certaines personnes me paralyse ou au contraire m'inspire (ou m'en touche une sans faire bouger l'autre). Je ne sais pas si c'est une histoire d'âge (à 16 ans ça me bloquait, à 32 ça me stimule ? je sais pas)...
Et puis, je me demande combien d'amoureux du dessin (ou d'arts plastiques en général) ont été dégoûtés par des études d'art.
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