vendredi 15 juillet 2016

De Paris à Ambérieu, jour 129.





(Extrait de la bédé Les Mutants, de Pauline Aubry.)
Quand j'ai cherché la réponse à cette question, la première chose qui m'est venue, c'est : "quand mon poids a commencé à devenir un problème" (souvenir de me peser pour m'amuser ou par désoeuvrement pendant mon enfance, et puis d'un coup, les chiffres qui montent, qui montent et qui ne redescendent plus, l'angoisse).
Mais en y réfléchissant un peu plus longtemps, je me suis souvenue que mes poils aussi étaient devenus un problème (je ne me rappelle pas ma première épilation des jambes, mais le truc juste avant, je pense que c'est ma mère qui me l'avait suggéré : la décoloration des poils des jambes chez l'esthéticienne. Je revois même comment j'étais habillée ce jour-là.)
Et puis d'autres trucs, bref, la réponse la plus juste, en fait, c'est : quand mon corps a commencé à devenir un problème. Ça me rend un peu triste - pas trop, c'est comme ça - mais j'aimerais vraiment aider Adèle à vivre son adolescence différemment... (je ne serai peut-être pas la mieux placée pour ! Et puis peut-être qu'elle restera bien dans sa peau, elle.)
M.

Je me retrouve dans ce que raconte la bande-dessinée, et dans ton témoignage aussi. J'ai bien réfléchi pour réussir à trouver le vrai truc qui montre à quel moment je suis entrée dans l'adolescence. Je pense que mon adolescence est arrivée tardivement, genre en quatrième, même si j'étais boutonneuse, réglée, poilue et malheureuse bien avant. Malheureuse parce que mal intégrée au collège (vu que moi j'étais encore une petite fille et que j'aurais préféré continuer à jouer plutôt que de devoir jouer à la grande alors que ça ne m'intéressait pas et que je faisais ça très mal) et j'étais très exclue et seule. Mais bref, ce qui a changé en quatrième, c'est que je me suis mise à ressentir que j'aurais préféré être une autre fille que moi, et j'enviais les filles qui gravitaient autour de moi : celles de ma classe, les copines de ma grande soeur (et ma grande soeur aussi d'ailleurs !), mes copines... J'aurais voulu être plus belle, mieux "arrangée" niveau look, plus sûre de moi, plus confiante, moins angoissée... Je dirais que l'adolescence est arrivée quand j'ai commencé à vouloir me cacher à tous points de vue, par peur de dire ou de faire ou de montrer une chose qui m'aurait fichue la honte, parce que j'avais le sentiment d'être complètement à côté de la plaque, de ne pas pouvoir assumer comment j'étais pour de vrai, et de ne pas savoir comment il fallait faire pour être normale.
Je n'ai pas peur de vivre l'adolescence de mon/ mes enfant(s) parce que j'ai l'impression de me souvenir assez précisément de ce qui m'a manqué à l'époque, de ce qu'on aurait pû faire pour me faire du bien. ce sera peut-être hyper dur et horrible mais j'aborde la question sereinement en tout cas !
C'était intéressant de se pencher sur cette question. Elle est bien comme ça tout du long cette bande-dessinée ?
C.


2 commentaires:

  1. "Et puis peut-être qu'elle restera bien dans sa peau, elle.)" A l'adolescence ? Unlikely... Mais je reste persuadé qu'on peut être accompagné avec amour dans cette étrange mutation.

    RépondreSupprimer
  2. Folial : l'espoir fait vivre ! Bien sûr, l'amour. Mais j'espère qu'on arrivera à l'aider un peu plus que ça.
    Couac : non, elle n'est pas bien tout du long... mais il y a plusieurs passages intéressants comme ça.

    RépondreSupprimer

Bonjour ! Si vous voulez participer à la conversation, vous êtes bienvenu !