15 h12. Un bus passe, des grévistes cheminots font un feu qui fume très noir, ils lancent des pétards, j'ai peur que ça réveille Joachim. Il y a un beau rayon de soleil, la fenêtre du salon est ouverte et j'entends des voitures passer. Une bonne dizaine de mouches volent au milieu de la pièce, la table n'est pas débarrassée du déjeuner, il y a deux assiettes avec des traces de sauce tomate, deux tasses avec des traces de compote de rhubarbe, un verre d'eau plein et un verre d'eau vide, des couverts sales, un pot de graines de cumin que Joachim a déplacé de la cuisine au salon parce qu'il joue à mettre le couvert, en ce moment. Des livres trainent par terre, un carton avec des cartouches d'encre neuves est posé près de moi. Des oiseaux chantent dehors, de toutes sortes de chants différents. Je porte mon pantalon de boulanger et un haut sans manches bleu à pois blancs, je me suis fait une queue de cheval.
C.
22h05. Les voisins dont nous avons fait la connaissance il y a une dizaine de jours dînent sur leur terrasse. Le coucher de soleil est pas mal mais pas inoubliable, l'air en revanche, enfin, est doux. Les hirondelles passent en trombe et en bande, comme des loubardes, en faisant tuiiiit tuiiiiiit. Je suis sur le lit, tête-bêche avec Aurélien qui regarde une série. Entre nous, un plateau avec les reliefs du dîner-pique-nique dessus (salade, pâté, whisky, mousse au chocolat). J'ai coupé des roses en bouton sur la terrasse, et je les ai mises dans un soliflore qui décore le plateau de manière assez caricaturale, quoiqu'efficace. La chambre est à peu près rangée, à part une pile d'affaires auxquelles on n'a pas réattribué de place après les avoir sorties d'une étagère qu'on vidait. Adèle ne dort pas encore et nous nous relayons pour aller la recoucher, inlassablement ou presque. Je porte un tee-shirt à rayures bleues et blanches et un jean pas terrible.
M.
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